Art, forêt et vignoble.

Pour élargir son patrimoine, dans un contexte de taux bas, ces placements atypiques ont la cote auprès des investisseurs.

Se faire plaisir avec un actif tangible. Une œuvre d’art, une forêt, un vignoble? Ces placements atypiques sont très loin d’être une simple ligne dans un portefeuille boursier. Et c’est peut-être pour cela qu’ils attirent de plus en plus les clients fortunés. La plupart des banques privées disposent de services dédiés (en interne ou externalisés), qui proposent d’accompagner leurs clients dans ce type d’investissements complexes et parfois risqués.

‘art et la manière

L’art est l’investissement plaisir par excellence. On achète d’abord une œuvre parce qu’on la trouve belle et qu’on souhaite l’exposer sur son mur. Spéculer dans l’art est assez périlleux. Si l’oeuvre prend de la valeur après dix, vingt ans, voire plusieurs générations, tant mieux, mais cela ne doit pas être le motif numéro un derrière l’achat. En premier lieu il faut appréhender ce marché complexe, scruter toutes les ventes proposées par le marché et interroger le réseau de clients collectionneurs privés dans le cadre de ventes de gré à gré. Certains facteurs objectifs contribuent au potentiel de valorisation de l’oeuvre : sa provenance, son état de conservation, si elle a été exposée dans des musées ou galeries renommées, si elle a appartenu à un grand collectionneur, etc. Pour bien acheter, il faut savoir éviter les phénomènes de mode et être très sélectif sur le marché de l’art. Depuis quelques années déjà, ce sont les arts moderne et contemporain qui sont plébiscités, avec des artistes très recherchés comme Jean Dubuffet, Jean-Michel Basquiat ou Pierre Soulages pour la peinture, Anish Kapoor ou César pour la sculpture… A l’inverse, l’impressionnisme, de plus en plus rare sur le marché, décline, de même que le mobilier classique, remplacé par le mobilier du XXe siècle ou le design.

 

Des pépites dans les forêts

Autre placement plaisir, la forêt a connu un regain de dynamisme ces dernières années avec l’arrivée d’investisseurs étrangers. Mais, comme pour l’immobilier, la qualité et les prix sont très inégaux. Les forêts de feuillus sont aujourd’hui les plus cotées, de même que celles situées dans toute la moitié nord de la France, dont la valeur progresse de plus de 5 % par an. Le chêne tient le haut du pavé en termes de valeur depuis une dizaine d’années, tandis que les autres essences sont plus fluctuantes. Avant d’investir, certaines caractéristiques de la forêt doivent faire l’objet d’une analyse approfondie : la qualité des arbres, des sols, des allées, le climat, la pluviométrie notamment. Le dynamisme de la filière forestière dans la région est essentiel: la proximité avec une grande ville, la facilité d’accès. Outre la valorisation du capital de la forêt dans le temps, il faut être attentif à son rendement brut (entre 1 et 2 % par an). Celui-ci dépend de la vente des bois et de la chasse. Il peut fortement varier d’une région à l’autre. La chasse peut en France se louer à moins de 10 euros par hectare et par an pour les forêts du sud de la France. Contre plus de 80 euros, en Sologne ou en Alsace. La location d’étangs, de panneaux photovoltaïques ou d’éoliennes peut aussi constituer une source de revenus importante. Autant de facteurs qui demandent une bonne connaissance du secteur, et pour ne pas commettre d’erreur, le conseil d’un professionnel est souvent incontournable.

 

L’or rouge des vignobles

Avant d’investir dans les vignes, il faut savoir que les appellations les plus prestigieuses sont celles qui se valorisent le plus au fil du temps. En Bourgogne par exemple, la valeur des appellations villages progresse en moyenne de 5 % par an, là où celle des grands crus augmente de 10 % par an ou plus. Pour acheter en direct une parcelle de vignes dans une appellation avec une certaine notoriété,il faut débourser au minimum 200.000 euros. La majorité des investisseurs souhaitent acheter uniquement le foncier et déléguer l’exploitation et la commercialisation des vins. Mais certains ont également pour projet de devenir exploitants, une option qui demande beaucoup de temps et d’implication. Il est alors essentiel d’étudier attentivement les résultats de l’exploitation – le dynamisme du marché – la présence de coopératives, de négociants, et la notoriété de l’appellation, notamment à l’étranger, avant d’investir. Investir dans l’art, les forêts ou le vignoble présente également des avantages fiscaux non négligeables. Attention, il s’agit de placements de diversification qui ne doivent pas représenter plus de 5 à 10 % du patrimoine total. Et il faut être bien conscient que ces projets d’investissement s’inscrivent dans le long, voire très long terme. La durée moyenne de détention d’un actif rural est de 2-3 générations. Il s’agit d’un placement de bon père de famille à transmettre aux générations à venir. Idem pour l’art, la constitution d’une collection représente parfois l’œuvre de toute une vie.

On  note un retour de l’engouement pour la vigne.

Porté par la hausse des revenus en Champagne, où les dernières transactions ont battu des records, le prix des vignobles d’appellation d’origine protégée (AOP) a progressé de 3,6 %, à 136 400 euros l’hectare.

Quel est le poids économique de ces secteurs ?  

Les ventes de vignobles représentent un marché d’environ 800 millions d’euros par an, contre 1,1 milliard d’euros pour les forêts et 3,2 milliards d’euros pour les terres agricoles.

Sur le marché des forêts, les ventes réellement significatives sont rares. Si la Safer a enregistré 15 070 transactions en 2014 (+ 2,6 %), seulement 120 correspondaient à des parcelles de plus de 100 hectares. En forêt, nous ne réalisons qu’une poignée de transactions par an .

Investir dans le foncier rural est pourtant un placement prisé de la clientèle des banques privées. Depuis 2007, le secteur bénéficie d’un effet “refuge” face à la crise, mais il devrait s’atténuer si le rebond de la Bourse se confirme et si l’économie repart .  Et ce même si la rentabilité de ces placements n’est pas si faible. En moyenne, investir dans le foncier rural rapporte 3,1 % brut par an. A cela s’ajoute l’appréciation du prix des terrains. Sur dix ans, elle représente une hausse annuelle moyenne de 4 % à 5 % pour les terres agricoles et les vignobles, et de 3 % à 4 % pour les forêts .

« SE FAIRE PLAISIR »

Sur le marché des terres agricoles, la grande majorité des acheteurs sont des agriculteurs qui cherchent à agrandir leur exploitation. Les prix les plus élevés sont observés dans les grandes régions céréalières du nord du pays : le bassin parisien, le Nord-Pas-de-Calais, la Normandie… où la valeur d’un hectare dépasse 10 000 euros.

En revanche, « sur les marchés de la vigne et des forêts, beaucoup d’acheteurs sont des particuliers qui cherchent à diversifier leur patrimoine et à se faire plaisir ». Si le foncier rural séduit, c’est aussi parce que le secteur bénéficie d’avantages fiscaux.

TICKET D’ENTRÉE ÉLEVÉ

Mais le ticket d’entrée pour investir dans le foncier rural est élevé. « Pour un vignoble digne de ce nom, il faut compter au moins 1,5 million d’euros ». Pour les particuliers disposant de moyens plus limités, les groupements fonciers viticoles (GFV), qui sont des sociétés civiles, constituent une alternative intéressante. Comptez tout de même un minimum de 20 000 euros pour une part de GFV.

De la même façon, les Groupement foncier agricole (GFA) permettent d’investir collectivement dans des terres agricoles et les Groupements forestiers (GF) dans des forêts. Certains GF proposent des parts à partir de 20 000 euros, voire 10 000 euros.

 

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