L’assurance-vie maintient son dynamisme

Le marché français a engrangé une collecte nette de 2,4 milliards d’euros au mois de juin.

Depuis janvier, la collecte cumulée de l’assurance-vie atteint 15,1 milliards d’euros, un niveau historiquement élevé.

L’assurance-vie poursuit sur sa lancée. En juin, le marché français de l’assurance-vie a réalisé une collecte nette (cotisations moins prestations) de 2,4 milliards d’euros, un niveau nettement supérieur à la collecte du mois de mai qui s’élevait à 1,9 milliard d’euros.

C’est le sixième mois de collecte nette positive du placement préféré des Français depuis le début de l’année. Au total, 15,1 milliards d’euros ont été placés sur les assurances-vie depuis janvier, soit 3,4 milliards d’euros de plus qu’en 2018 à la même période.

Dans le détail, au mois de juin, les assureurs ont récolté pour 12,1 milliards d’euros de collecte brute. Les prestations par ailleurs sont restées stables de mai à juin, s’élevant à 9,8 milliards d’euros.

Des placements plus risqués

Alors que  les prix des actions et que la  confiance des ménages (mesurée par l’Insee) continuent de s’apprécier, la souscription des unités de compte gagne du terrain. En juin, elle atteint 3,1 milliards d’euros, c’est davantage qu’au mois de mai. Ce niveau reste toutefois toujours inférieur aux montants placés l’an passé à la même période, soit 3,8 milliards d’euros en juin 2018.

Les fonds euros restent néanmoins largement plébiscités et ce en dépit des faibles rendements qu’ils offrent aux épargnants.

En juin, les souscriptions aux fonds euros atteignent 9 milliards d’euros, contre 8,8 milliards au mois de mai. Globalement, la part des placements en unités de compte ont diminué sur un an, passant de 31,1 % à 25,6 % des cotisations entre juin 2018 et juin 2019.

Livrets, assurance-vie… Où les Français placent-ils leur argent ?

La prudence, toujours la prudence… En mai dernier, les Français ont continué à mettre de l’argent de côté, à en croire la dernière note de conjoncture du groupe BPCE. “Au premier semestre, il y a eu une amélioration du pouvoir d’achat des ménages, observe Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne. Elle s’explique par les mesures prises en décembre 2018 au moment de la crise des “gilets jaunes” (comme la prime défiscalisée), mais aussi par le versement anticipé, en janvier dernier, des crédits d’impôt dans le cadre de la mise en place du prélèvement à la source.” Et dans un contexte économique relativement incertain, les ménages préfèrent l’épargne à la consommation.

Tour d’horizon des placements préférés des Français.

Les livrets en tête

Avec 16,1 milliards d’euros* collectés entre janvier et mai 2019, les livrets réglementés (livret A, livret B, livret de développement durable et de solidarité, livret d’épargne populaire et livret jeune) se positionnent comme les produits incontournables de l’épargne des Français. Il s’agit d’un “montant inédit depuis 2008”, relève BPCE.

Mais tous les livrets ne sont pas logés à la même enseigne. Sans surprise, ce sont le livret A et le LDDS qui attirent vraiment l’épargne des Français (voir tableau ci-dessus). A l’inverse, le livret d’épargne populaire et le livret jeune ont accusé une décollecte nette de 1,6 milliard et de 107 millions d’euros respectivement sur les cinq premiers mois de 2019.

De son côté, l’assurance-vie bat des records en ce début d’année. Entre janvier et mai derniers, ce produit a attiré pas moins de 13,1 milliards d’euros*, “la collecte la plus élevée depuis 2011”, note BPCE. Loin derrière, le plan épargne logement (PEL) n’a collecté que 671 millions d’euros* sur les cinq premiers mois de l’année.

 

15,5 milliards laissés sur les comptes courants

En réalité, le produit d’épargne préféré des Français n’en est pas vraiment un. Entre janvier et mai 2019, les particuliers ont placé (ou plutôt laissé dormir)… 15,5 milliards d’euros* sur leurs comptes courants ! Bien plus, donc, que sur l’assurance-vie, le livret A ou le LDDS. D’ailleurs, ce montant a plus que doublé en un an (7,1 milliards entre janvier et mai 2018).

“Les placements financiers sont jugés peu attractifs”, analyse Philippe Crevel. Il faut dire qu’avec un rendement moyen de 1,8% pour le fonds en euros de l’assurance-vie et une inflation de 1,8% en 2018, ce placement n’a tout simplement… rien rapporté l’an dernier en termes réel (net d’inflation). C’est encore pire pour le livret A et le PEL, dont les rémunérations sont seulement de 0,75% et de 1% respectivement. Du coup, les Français se constituent une forme “d’épargne de précaution extrême” en gonflant leurs dépôts à vue (les sommes placées sur leurs comptes courants).

A l’image des deux années précédentes, il est probable que les Français économisent moins à compter de ce mois de juillet. “On observe une certaine saisonnalité en matière d’épargne, indique Philippe Crevel. Au premier semestre, ils mettent de l’argent de côté, tandis qu’au second, ils doivent faire face aux dépenses liées aux vacances, à la rentrée scolaire ou encore aux fêtes de fin d’année.”

(*) Collecte nette : versements – retraits réalisés par les particuliers sur le produit d’épargne

Les pièges de l’assurance-vie !

  • Le rapport annuel médiateur l'assurance met exergue sujets friction assurés compagnies.

    Le rapport annuel du médiateur de l’assurance met en exergue les sujets de friction entre les assurés et les compagnies

Le rapport du médiateur de l’assurance est toujours très riche d’enseignements. C’est l’occasion de prévenir aussi bien les problèmes récurrents rencontrés par les assurés… que les nouvelles difficultés liées à l’évolution de la société

Le médiateur de l’assurance est de plus en plus sollicité. 16.151 saisines ont été enregistrées en 2017, soit + 67 % par rapport à 2015. En voyant le verre à moitié plein, on peut se réjouir de constater que les assurés connaissent de mieux en mieux cette institution. Elle permet de trouver, gratuitement, des solutions à des litiges dont le traitement devant les tribunaux pourrait être à la fois long et coûteux.

En voyant le verre à moitié vide, on peut déplorer la récurrence des certains problèmes. Ceux dus notamment à la complexité croissante de la  fiscalité de l’assurance-vie . Des prélèvements obligatoires, que le médiateur de l’assurance, Philippe Baillot, n’hésite pas à qualifier d’« abscons ».

« Les modalités de calcul des contributions sociales, en termes de taux et d’assiette, donnent lieu à un nombre toujours accru de saisines de la Médiation », constate-t-il dans son dernier rapport.

Mais la CSG est loin de constituer le seul sujet de frottement entre assureurs et assurés. Le médiateur met notamment l’accent sur plusieurs d’entre eux.

41 % des saisines concernent les assurances de personnes (dont 23 % l’assurance-vie). 59 % concernent les assurances de biens.

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